Patlabor 2 - The movie

Des hordes de chars d’assaut sillonnent librement la ville. Policiers et militaires à chaque coin de rue. Les sommets du pouvoir sont dans le chaos le plus complet : la police contre l’armée, l’armée contre l’armée ; les services secrets contre tout le monde. Que se passe-t-il ? L’armée vénète tente-t-elle d’occuper le Campidoglio ? La Lega a-t-elle décidé de découper l’Italie en tranches ? Rien de tout cela. C’est simplement l’un des nombreux inconvénients auxquels on peut s’exposer en habitant à Tokyo, et c’est aussi ce qui se passe dans le deuxième film de Patlabor.

Alors qu’elle rentrait d’une conférence sur l’évolution de l’utilisation des labors dans la police à la suite des derniers développements du « Projet Babylone », Shinobu (commandante de la 1re section des véhicules spéciaux) assiste à un attentat terroriste. Le pont de Yokohama qui reliait le quai de Honmoku et celui de Daikoku est touché et détruit par un missile. Grâce à un film obtenu mystérieusement d’une chaîne américaine et diffusé à la télévision, on découvre que le missile a été lâché par un F16 J en dotation à l’ASDF japonaise.

L’ASDF nie toute implication dans l’incident. Peu convaincu de la véracité du film, Goto (commandant de la 2e section des véhicules spéciaux) charge Matsui (enquêteur et ami de Goto) de mener l’enquête. Entre-temps, un homme nommé Arakawa contacte Goto et Shinobu (qui, pour ceux qui ne connaissent pas la série, est une femme ; Shinobu, pas Arakawa. – note de Ryo) en se présentant comme membre du JSDF (Joint Staff International Investigation Bureau) et en montrant une cassette vidéo alternative sur les faits de l’attentat.

Sur la cassette on remarque, à demi cachée, la présence d’un F16 S, un modèle d’avion différent de celui relevé dans le film passé à la télé et qui n’est pas en dotation à l’ASDF. Arakawa révèle en outre que la nuit du bombardement du pont, un avion de l’USAF a disparu pendant un vol d’entraînement. L’USAF admet officieusement qu’il s’agit du même F16 S repéré dans la zone incriminée peu avant l’explosion. Le JSDF estime que derrière ce qui s’est passé se trouve un groupe paramilitaire auquel appartiennent des représentants de l’armée, de la politique et de l’industrie de guerre.

L’objectif de ce groupe est de changer de façon drastique la situation politique au Japon, désormais trop habitué à la paix. Le chef de ce groupe est un homme appelé Yukihito Tsuge (vieille flamme de Shinobu du temps de l’académie de police). Arakawa demande l’aide de Goto pour l’enquête. Dans un premier temps Goto refuse, mais ensuite, à cause d’un deuxième incident, il décide de collaborer à l’enquête. Le deuxième incident implique la base aérienne de Misawa de l’USAF et l’ASDF. À la suite de l’incident, Misawa et les autres bases aériennes sont encerclées par les forces de police, y compris les 1re et 2e sections. Jugeant l’intervention des forces de l’ordre insuffisante, le secrétaire général du Cabinet (Qui ? Goku ? – note de Ryo) décide de faire intervenir les forces du JSDF pour maintenir l’ordre dans la zone métropolitaine et en prévision de futures urgences. Se dessine la possibilité d’une véritable guerre civile, ce qui pousse les États-Unis à intervenir. C’est dans ce scénario que Tsuge et son groupe agissent pour atteindre leur objectif, tandis que Goto rassemble les membres de l’ancienne 2e section (Noa, Asuma, Shinshi, Hiromi, Ota) pour débusquer et arrêter Tsuge. Bref, un sacré bazar !
Le film, sorti 4 ans après le premier, peut se vanter de la réalisation de Mamoru Oshii et d’une réalisation technique soignée. Les animations sont très bonnes, avec l’introduction d’une bonne dose d’images de synthèse qui, sans atteindre les niveaux de « Ghost in the Shell », est utilisée avec discernement sans tomber dans de vilaines superpositions et contribue à créer ce sentiment de réalité présent dans Patlabor 2. Le film alterne de longs moments de dialogue et des moments d’action serrée et incessante dans le style typique d’Oshii.

On fait un usage abondant du grand-angle et des cadrages typiques de grands espaces urbains ou non, accompagnés seulement de musique sans parole. Le character design est confié à Akemi Takada, dont le trait ne se remarque presque pas, et à Masami Yukii. L’effet final est un peu atypique pour qui est habitué au design des OAV et du film précédent (même si entre ceux-ci aussi il y avait des différences). Le mecha design est du traditionnel Yutaka Izubuchi (excellent comme d’habitude. – note de Ryo). La musique est confiée à l’omniprésent Kenji Kawai (Ghost in the Shell). Le sens fondamental du film tient aux motivations qui poussent Tsuge à tenter le coup d’État, à ce qu’il a vécu dans la jungle quand il a été blessé et aux réflexions que cela l’a conduit à faire. Tout cela est résumé dans le dialogue à distance entre Goto et Arakawa après la rencontre à l’aquarium. On dirait presque qu’Oshii dénonce un certain type d’attitude du monde industrialisé qui soutient la guerre dans des pays moins développés et n’intervient que s’il peut en tirer un avantage politique et économique. La question qui plane sur tout le film est : vaut-il mieux une paix injuste qu’une guerre juste (La vie est-elle un songe ou les rêves aident-ils à mieux vivre ? – note de Gigi Marzullo) ?

La question qui m’a le plus tourmenté après avoir vu Patlabor 2 a été : mais pourquoi l’ont-ils appelé Patlabor (bon, peut-être que Pasquale 2 n’était pas très indiqué… sans offense pour ceux qui s’appellent Pasquale. – note de Ryo) ? En vieux fan de Patlabor, j’ai toujours pensé qu’il était constitué principalement, outre des labors, des membres de la 2e section (Noa, Azuma, etc.), de Shinobu, de Shige et des autres seconds rôles. Dans Patlabor 2, ceux de la deuxième section, et aussi les labors, n’apparaîtront que 15 minutes en tout dans le film. Matsui apparaît plus que Noa et les autres réunis. Les vrais protagonistes sont Goto, qui, tout en faisant semblant de se soumettre à Shinobu, se taille la part du lion (dans une scène, on voit même Goto vraiment en pétard. – note de WDIM)(je suis un grand admirateur de Goto, j’ai toujours cru que le protagoniste, c’était lui, et les labors, on s’en moque… avez-vous vu l’OAV de Patlabor « Karuizawa pour deux » ? Simplement incontournable… – note de Ryo), et Shinobu qui, en effet, ne fait pas grand-chose sauf dans la partie finale.
Jugement final : à voir absolument, surtout si l’on est amateur de Patlabor ou d’Oshii (vraiment un réalisateur gonflé. – note de WDIM)
Publié dans: Site web : Tiphares01